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Penser le psychisme en termes de « vie de l'âme », comme l'a proposé Françoise Coblence dans son rapport au congrès d'Athènes, c'est adopter un point de vue qui recentre et renouvelle la parole de la psychanalyse sur elle-même. Ce renouveau est nécessaire et fécond tant pour la conscience des enjeux de notre pratique que pour comprendre et affirmer notre place de psychanalystes dans la société et la culture.
L'étude de Françoise Coblence sur Seele répond à un besoin devenu aigu depuis la traduction de Seele par « âme » par l'équipe de Jean Laplanche dans les Œuvres complètes de Freud. En effet, cette traduction gêne nos habitudes de lecture pour de bonnes et de mauvaises raisons à la fois. Le souci de littéralité n'est pas à lui seul une justification suffisante et suscite trop souvent dans cette traduction des néologismes qui rendent le sens d'un terme aux dépens de l'esprit du texte freudien et de sa reprise de termes courants de la langue allemande.
L'extension du terme allemand Seele est plus large que celui d'âme en français, qui n'a pas connu la même reprise littéraire que celle qu'a apportée le romantisme allemand. De ce fait, le terme d'âme est immédiatement compris en français dans son acception religieuse ou spiritualiste, telle que la théologie chrétienne l'a diffusée, d'autant que le cartésianisme a relayé cette interprétation avec une relative confusion entre conscience de soi et âme ; ces conceptions sont ancrées dans un certain héritage platonicien insistant sur la distinction entre âme et corps. Il était donc très gênant de laisser les connotations françaises habituelles peser sur notre compréhension du texte de Freud.