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« On admettra aussi ce schéma général d'un appareil psychique pour les animaux supérieurs psychiquement1 semblables à l'homme. Il faut supposer un surmoi dans tous les cas où il y a eu, comme chez l'homme, une période plus ou moins longue de dépendance dans l'enfance. On ne peut éviter de supposer une séparation du moi et du ça.
La psychologie animale ne s'est pas encore attaquée à l'intéressante tâche qui s'offre ici. »
La représentation de l'animal par l'homme signe sa capacité de s'en différencier. À partir du moment où l'homme des cavernes symbolise l'existence et le geste de l'animal, il s'en distingue et s'en sépare. Échappe-t-il toutefois à son animalité ? Freud, faisant allusion à la théorie darwinienne de La Descendance de l'homme et la sélection en relation avec le sexe (1871) évoquera l'absence de séparation sur le plan sexuel entre l'homme et l'animal : « Les organes génitaux sont restés animaux et aussi l'amour dans son fond est aujourd'hui tout aussi animal qu'il l'a toujours été » (Contributions à la psychologie de la vie amoureuse, 1912).
Les rapprochements entre le primitif et l'enfant, comme la redécouverte de l'enfant dans l'adulte, vont témoigner de cette impossibilité d'accomplir véritablement une différenciation entre l'homme et l'animal. Toutefois, le débat ne manque pas de saveur philosophique, et H. Ey a posé la question du désir animal dans sa Psychiatrie animale (1964) et J. Derrida, s'il incline à sortir d'un dualisme radical, recommande de se déprendre d'un continuïsme naïf, L'Animal que donc je suis (2006).