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« Pour moi qui ai examiné pendant quarante ans le sujet de tous les points de vue que je pouvais découvrir, l'inaptitude de la secondéité à couvrir tout ce qui est dans nos esprits est évidente […]. Pourtant, je constate que beaucoup de penseurs essaient de construire un système sans y mettre de tiercéïté. »
Qu'il s'agisse de réflexions philosophiques sur notre condition humaine ou de recherches anthropologiques - sémiologiques et psychanalytiques -, il semble bien qu'aucune ne fasse l'économie d'un regard sur l'animal, pour évoquer ce qui nous en rapproche et plus encore ce qui nous en distingue. Pour le seul siècle passé, de Merleau-Ponty et Cassirer à Derrida, de Saussure à Lévi-Strauss, de Freud à Lacan…, les références majeures sur ce thème ne manquent pas.
Pour ma part, la question de la continuité/discontinuité psychique entre animaux et humains a constitué un axe essentiel de mes recherches sur les comportements des animaux puis sur les conduites symboliques humaines. Dans un premier temps, mes travaux ont porté sur le thème de l'« empreinte » et de l'« attachement » tel que Lorenz puis Harlow (1958) et Bowlby (1969) les ont décrits, avant que Anzieu (1974) et de nombreux autres ne s'en inspirent - ainsi