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Du Dracula de Bram Stoker (1897) à Twilight, la quadrilogie de Stephenie Meyer (2005, 2006, 2007, 2008), la figure du vampire témoigne sur plus d'un siècle de littérature fantastique de la vivacité du mythe2 et de l'intérêt qu'il suscite à grande échelle. Sur une période historique identique, le cinéma de son côté n'en finit pas de mettre en scène le Prince des ténèbres et ses avatars3. Dans ce panorama, les contributions récentes de la télévision4 attestent également de la vitalité du suceur de sang. Au-delà du divertissement réussi et des analyses classiques où sont convoqués Éros et Thanatos, la lutte où s'opposent bien et mal, ou encore la question des frontières entre l'homme et l'animal, sur quoi repose un tel succès ? Comment comprendre un tel engouement, surtout aujourd'hui ? La polymorphie des contenants narratifs5 et la polysémie luxuriante d'un contenu à l'essence narrative simple : les mésaventures d'un mort vivant qui cherche à contaminer la terre entière, sont autant d'indices à mettre au profit d'une matière mythique6 à l'œuvre qui agirait à la fois comme avertissement et enseignement. La figure du vampire, prédateur effrayant et séduisant, incarnation incertaine entre la bête et l'homme, serait la parfaite métaphore du pervers narcissique. Telle est la thèse présentée ici.