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« Tous les êtres circulent les uns dans les autres, par conséquent toutes les espèces… Tout est un flux perpétuel… Tout animal est plus ou moins homme ; tout minéral est plus ou moins plante ; toute plante est plus ou moins animale. Il n'y rien de précis dans la nature. »
« Je me promenais dans l'allée bordée d'eucalyptus, quand tout à coup surgit de derrière un arbre une vache.
Je m'arrêtai et nous nous regardâmes dans le blanc des yeux.
Sa vachéité surprit à ce point mon humanité - il y eut une telle tension dans l'instant où nos regards se croisèrent - que je me sentis confus en tant qu'homme, en tant que membre de l'espèce humaine. Sentiment étrange, que j'éprouvais sans doute pour la première fois : la honte de l'homme face à l'animal, mais un animal étrange, je dirais illicite. Je me mis en route, reprenant ma promenade interrompue, mais je me sentais mal à l'aise. »1
« Étrange, confus, honte, illicite, mal à l'aise »… Voici esquissés par un poète - qui comme nous l'a appris Freud en sait plus long que les analystes sur les phénomènes psychiques - les éprouvés d'un homme face à l'animal. De cette rencontre avec l'animal, ou plutôt de cette confrontation à l'animalité, que peut dire la psychanalyse ? Ou en d'autres termes, quels sont les enjeux psychiques de l'animalité dans l'investigation et le traitement psychanalytiques ? L'animal occupe une grande place dans la culture, et il sera intéressant