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Le texte introductif de Geneviève Bourdellon et Béatrice Ithier, dense, synthétique et clair, décrit très bien la complexité du sujet et remplit, me semble-t-il, la fonction précieuse de maintenir dans le domaine psychanalytique une matière qui, pour diverses raisons, risque souvent d'être « surexcitée » par les projections et stimulations transférentielles activées avec force chez celui qui écrit.
Il est, en effet, très difficile de parler des animaux et de la façon dont nous nous entendons avec eux sans trop d'émotion et d'anthropomorphisme, c'est-à-dire sans tomber dans le fabuleux ; ou bien, au contraire, de manière trop dissociée et déshumanisée, c'est-à-dire en évitant un appauvrissement défensif à travers des clivages.
Les animaux (dans leurs multiples rôles potentiels, dont le texte d'introduction traite bien) nous amènent presque toujours à un contact très fort avec les fantasmes, les pulsions, les traces mnésiques et les affects liés au self primitif ou aux objets fondamentaux de notre enfance, de façon tout à fait naturelle.
Voici un exemple de cette puissance évocatrice : une visite de la maison de Freud, Berggasse 19, à Vienne, est l'occasion de voir une vidéo exceptionnelle montrant des scènes de vie familiale commentées par la voix d'Anna Freud, vibrante d'émotion, enregistrée à l'occasion de son retour historique dans cette ville pour le congrès de I'API en 1971.