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Chez l'enfant, l'animal occupe une place d'importance tant dans la vie réelle que dans la vie fantasmatique. L'animal n'est pas doué de parole et cette caractéristique le rend à la fois proche des premières années de l'enfance et plus facilement malléable que l'être humain. Il peut alors devenir pour l'enfant à la fois un support d'identification et un support de projection de ses fantasmes et de ses pulsions. Ce sont telles ou telles caractéristiques physiques de l'animal qui, symbolisées, permettent à l'enfant de projeter ses pulsions partielles. Ce processus de projection est un moyen de défense originaire contre la part des excitations internes qui atteint une intensité dépassant le seuil du supportable. Il permet d'avoir un persécuteur substitutif, l'animal, dans lequel les enfants projettent leur partie agressive. Si on met à la disposition d'enfants de deux à dix ans une boîte de jouets avec des animaux, l'enfant va s'en saisir dès les premières séances et s'approprier immédiatement certains d'entre eux comme objet d'identification ou de projection.
Je vais essayer de montrer, dans cet article, comment le choix des animaux auxquels l'enfant fait appel dans ses dessins ou ses jeux au cours d'une psychothérapie s'est transformé durant ces trente dernières années. Ces modifications me semblent liées à l'évolution de la société tant dans le registre culturel que dans le changement de structures de personnalité des enfants que nous recevons.
Après avoir repris deux cures célèbres de S. Freud « Analyse d'une phobie chez un petit garçon de cinq ans » et « L'Homme aux loups », publiées entre 1905 et 1918, et celle très connue de « Carine », petite patiente dont le traitement a été publié en 1972 par R. Diatkine et J. Simon sous le titre La Psychanalyse précoce, je parlerai des psychothérapies de ce début de XXIe siècle