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Anna Koellreuter, psychanalyste zurichoise contemporaine, découvre vers 1989 un manuscrit de sa grand-mère, Anna G., psychiatre au Burghölzli et analysée par Freud pendant trois mois et demi, du 1er avril à la mi-juillet 1921. Il s'agit du journal de ces 80 séances, tenu par celle qui était à l'époque une jeune femme de 27 ans, et dont le mariage avec un camarade d'études était prévu pour l'automne de la même année, après une relation de sept ans. La jeune Anna G. est pourtant malheureuse, elle vient de rencontrer un jeune sculpteur et veut rompre ses fiançailles, mais n'en a pas le courage. Assaillie de doutes et de scrupules, pressée par son entourage familial, ne sachant que faire, elle décide de se rendre à Vienne, de tout quitter pour faire une analyse avec le professeur Freud. L'analyse lui conférera la force de quitter son fiancé et d'épouser celui qui sera son mari jusqu'à sa mort, en 1982, à l'âge de 88 ans.
Profondément troublée par cette découverte, sa petite-fille se résout enfin, après vingt ans d'hésitations, à publier le journal en Allemagne en 2009. Le manuscrit, ainsi que sa transposition théâtrale, ont modifié l'image et la relation avec sa grand-mère interne, et, face au sentiment pénible de profaner l'intimité de celle qui avait été, de son vivant, si laconique et évasive au sujet de son expérience exceptionnelle, A. Koellreuter décide de privilégier l'intérêt historique et scientifique d'un document qui permet de se faire une idée de la manière dont Freud travaillait. Après une courte introduction au journal, elle va donc s'effacer pour laisser la parole à des tiers: neuf historiens et