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Ce livre est issu de la reprise de textes rédigés entre 1992 et 2008 et qui décrivent un chemin dont la cohérence s'est établie progressivement au fil de travaux cliniques issus d'engagements thérapeutiques comme de réflexions sur la psychopathologie de la vie quotidienne.
Le point de départ est une interrogation sur les conditions de la possibilité d'un travail thérapeutique en fonction de la limite qui serait introduite par l'âge. On sait que Freud considérait que l'âge s'avérait être le plus souvent une contre-indication à l'engagement d'une cure analytique; non pas tant au regard du temps de vie à soumettre au traitement, mais, souligne François Villa, à des considérations économiques sur ces conditions de possibilité, dimension que Freud se reproche en 1937 d'avoir « négligée » jusque-là. Avec le temps, c'est la capacité de déplacement et de transformation de la quantité en qualité qui diminue; une perte progressive de plasticité psychique. On la constate parfois sous la forme d'une viscosité de la libido, avec des fixations résistant à l'élaboration, sans raison bien repérable. F. Villa soutient, au passage, que la négligence de la dimension économique est « déterminée par le fonctionnement même de l'appareil psychique dont elle est un effet second ».
Il est nécessaire de distinguer vieillir et mourir; F. Villa écrit même que « la mort n'est pas la conséquence du vieillissement, mais l'interruption de ce processus ». La pulsion de mort nous confronte à un paradoxe, car la mort qu'elle viserait ne saurait advenir directement, elle ne peut qu'attendre et « l'organisme, pendant ce temps-là, déploie et subit le processus du vieillissement qui témoigne de notre capacité à ne pas mourir tout de suite ». C'est le reflet de