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Pour ce dixième numéro, Psychanalyse et Psychose, la revue du Centre de Psychothérapie et de Psychanalyse Évelyne et Jean Kestemberg nous propose un ensemble de textes particulièrement illustratifs de son objet: « la recherche toujours présente, toujours fuyante, d'une articulation possible entre les deux termes, à partir d'une pratique qui, loin de tout achèvement, élargit le champ d'investigation pour ce qui est de l'énigme psychotique non seulement en l'autre mais en nous-mêmes », ainsi qu'il est écrit dans le préambule.
Numéro centré, plus encore que les précédents, sur des exposés de cures et les élaborations qu'elles ont suscitées, il met spécialement en exergue les questions cruciales auxquelles confronte la psychothérapie psychanalytique des patients psychotiques. À sa lecture, il nous semble que l'on saisit avec évidence en quoi cet engagement se distingue non seulement de la cure analytique classique, mais également des cures de patients borderline, aussi différentes celles-ci fussent-elles elles-mêmes de la première.
C'est qu'avec les patients psychotiques, le métier d'analyste n'est pas « simplement » un métier impossible comme avec tous les patients selon Freud (et ainsi que le titre Liliane Abensour dans son Introduction), en raison, « comme pour l'éducation et la gouvernance, [des] notions fortes d'idéal et de progrès attendus tant sur le plan individuel que social ». Ce n'est pas non plus, comme avec les patients limite, parce que les points de repère de la psychanalyse freudienne ne sont plus toujours suffisants, et qu'il faut avec eux, en préalable à un travail de remémoration et d'interprétation, instaurer, en se fondant souvent sur sa propre créativité, une possibilité de jeu avec les représentations par transformation de ce qui se vit avant tout dans l'interaction.