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« Elle tendit alors la main vers le lait et demanda si elle pouvait le boire. Je lui dis: “Mais oui”. » Note de bas de page de l'auteur: « Pendant cette analyse, une bouilloire, un réchaud, du café, du thé, une certaine sorte de biscuit étaient à la disposition de la patiente. »
« Voici ce qu'on a dit à un patient qui refusait de façon répétitive de quitter le cabinet de son ancien thérapeute, passant une grande partie de la journée dans sa salle d'attente dans l'espoir de pouvoir lui parler: “Vous devrez quitter mon bureau et mon cabinet à la fin de la séance. Comprenez-vous pourquoi je vous dis cela ? Et est-ce que vous pensez pouvoir le faire ?”. Lorsque le patient lui a fait part de ses doutes, le thérapeute a continué: “Si vous ne partez pas, je demanderai de l'aide pour vous faire partir. Si je dois le faire plus de trois fois, j'arrêterai le traitement. Je vais en informer vos parents pour qu'ils sachent, comme vous, que ce traitement risque d'être bref.” »
Ces deux extraits sont issus de deux auteurs dont l'œuvre a marqué la problématique de ce que l'on appelle, quelque peu improprement, les états limite. Le premier est de Donald Winnicott1, le second d'Otto Kernberg2. Les deux textes ne sont pas très éloignés dans le temps; pourtant, difficile de trouver, dans l'esprit comme dans le style, approches plus opposées. Ont-ils, malgré tout, des points communs ? On peut en repérer un, et de taille: l'objet, plus précisément le thérapeute en tant qu'objet. Mais pas un objet de n'importe quel type. Cet objet de la cure-type, « grand muet » du dispositif, lieu de convergence de toutes les projections et de tous les fantasmes parce que précisément muet, apparaît ici à contre-emploi, objet actif et participant, s'impliquant en son nom propre - et en le nom qu'il s'est choisi, ou qu'il se sent être choisi - dans le déroulement de la cure. On est manifestement en pays d'états limite et rien ne