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Comme nous le savons, un groupe important de patients ne peut pas vraiment être rangé parmi les psychotiques ni parmi les psychonévrotiques, et il est extrêmement difficile de traiter efficacement ce groupe borderline par quelque méthode psychothérapeutique que ce soit. J'ai toutefois été frappé, il y a trois ou quatre ans, de voir augmenter le nombre de ces patients qui venaient demander un traitement. J'avais pour habitude de ne pas les traiter analytiquement, sauf quand ils souffraient de façon aiguë de symptômes névrotiques (par exemple, angoisse, dépression, etc.) et quand il fallait engager une thérapie sans délai. Avec ces patients, j'essayais l'habituelle thérapie analytique mais, après un traitement d'une durée plus ou moins longue, je devais, dans une grande majorité des cas, y mettre fin sans que celui-ci ne leur ait été particulièrement bénéfique. Dans le cas des sujets présentant un « caractère névrotique », qui constituent une très grande part de ce groupe borderline, je ne tentais le plus souvent aucun traitement pour une simple raison: mon expérience m'avait appris que notre connaissance de la thérapie analytique appliquée aux patients psychonévrotiques était insuffisante pour permettre d'obtenir de bons résultats avec eux, en particulier quand leur souffrance n'était pas assez aiguë pour justifier d'engager immédiatement une thérapie.
Ces trois ou quatre dernières années, le nombre de ces patients a augmenté; ceux avec lesquels j'ai engagé une thérapie présentaient des troubles aigus et il fallait les traiter. Des échecs répétés dans le passé m'avaient appris que les connaissances dont nous disposions se révélaient inappropriées au traitement de