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On peut considérer que la réflexion approfondie sur la clinique psychanalytique débute avec la psychanalyse de l'Homme aux loups. Avant cette date, Freud ne consacre aucun écrit psychanalytique d'envergure au problème de l'efficacité de la cure psychanalytique face à certains patients, pourvu qu'ils n'appartiennent ni à la catégorie des névroses actuelles, ni à celle des névroses narcissiques, ce qui est le cas de l'Homme aux loups.
Tout au long des discussions qui se sont déroulées à son sujet, les opinions des psychanalystes se sont opposées. Freud n'a jamais mis en question le diagnostic de névrose chez son patient. Si, par la suite, de nombreux analystes ont défendu la possibilité que ce patient fût en fait un psychotique, ils se sont souvent heurtés à une opposition ferme. Aujourd'hui, il semble avéré que la majorité des psychanalystes pensent que l'Homme aux loups doit être considéré comme un cas limite. Ce qui n'a pas facilité l'adoption d'une solution communément acceptée, c'est que l'Homme aux loups a présenté des éléments en faveur de ce diagnostic bien avant que ne soient définis les caractères reconnus aux structures psychotiques, différent des tableaux des psychoses avérées avec lesquels on ne saurait les confondre.
D'où la période qui s'étendra entre 1915/1918 et 1924, où Ferenczi et Rank inaugurent une réflexion générale sur la pratique. Il s'agit moins pour eux de mettre en question des concepts théoriques proposés par Freud - cela viendra ensuite - que de s'interroger sur les difficultés rencontrées dans la pratique psychanalytique. Leur opposition à Freud ne va pas tarder à s'exprimer ouvertement. On sait aussi que cette alliance qui les amena à faire cause commune fut de courte durée et conduisit à leur séparation. Au contraire de Rank, dont les vues schématiques n'aboutirent qu'à un succès éphémère, celles de Ferenczi eurent un plus long retentissement et continuèrent de marquer jusqu'à présent la psychanalyse. Freud ne manqua pas de leur répondre