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« S. Ferenczi, dont on ne peut lire une page aujourd'hui sans s'émerveiller de sa stupéfiante modernité […] Les limites pour lui ne sont pas au seuil, mais au centre: elles ne se forcent ni ne se contournent. C'est avec ce qui fait défaut, chez l'analysé et chez l'analyste, que le travail s'effectue. »
S'il est un sujet auquel la psychanalyse contemporaine s'intéresse, c'est celui qui concerne les difficultés rencontrées dans les cures des cas dits « difficiles » et qui renvoie à un travail sur et aux limites: c'est-à-dire, non seulement aux traitements des « cas dits limite », mais aussi aux cures psychanalytiques de ceux qui présentent des états « entre névrose et psychose », voire « non névrotiques », en d'autres termes, ceux qui relèvent du vaste registre des états dits « narcissiques », parmi lesquels se situent les névroses dites de « caractère », les affections psychosomatiques, les maladies dites « addictives », la psychopathie, les perversions, ainsi que tout ce qui, sous l'angle du transfert, peut renvoyer au registre de la « négativité » (cf. les « anti-analysants », J. McDougall)2.
Parmi les avancées des psychanalystes qui, dans l'héritage des modèles du travail analytique établis par S. Freud, ont cherché à aborder, et à éclairer, ces difficultés, on doit reconnaître que les apports de S. Ferenczi, notamment dans ses derniers écrits entre 1927 et 1933, année de sa disparition, font de lui un véritable précurseur et pionnier d'une pensée clinique3, dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle témoigne d'un esprit très original, animé d'une fraîcheur conceptuelle totalement novatrice pour son époque.