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« … on ne sait trop ce qu'il faut retenir: l'art avec lequel l'histoire joue d'un destin individuel et le force au tragique, ou l'interminable errance de ce personnage échappé de quelque mélodrame du début de ce siècle et pourtant bien réel, bien vivant, que les psychanalystes désignent comme l'Homme aux Loups. »
C'est « À partir de l'histoire d'une névrose infantile » (S. Freud, 1918) que devait s'expliquer la névrose de l'adulte Sergueï Pankejeff. Freud le répétait au fil du texte en réagissant à C.G. Jung qui voyait dans la névrose le schéma « régressif » suivant: conflit actuel, détournement de la réalité, satisfaction fantasmatique substitutive et régression vers le matériel du passé.
D'abord sien1, Freud devait compléter ce schéma par une conception « progressive » qui opère « à partir » des impressions de l'enfance, traçant le chemin à la libido et permettant ainsi de comprendre la régression ultérieure. Pour lui donc, la libido ne recule pas simplement dans le matériel passé de l'enfance; elle le fait selon une réplique déterminée, déjà structurée en névrose, la névrose infantile. Il le dit en ces termes: « J'affirme que l'influence de l'enfance se fait sentir déjà dans la situation initiale de la formation de la névrose concourant à déterminer de façon décisive si et en quel point l'individu fait défaillance dans la maîtrise des problèmes réels de la vie. »
Mais la névrose infantile de l'Homme aux loups, pour peu qu'on suive cette conception progressive dans la détermination de sa névrose adulte, n'a pas pu expliquer ses symptômes délirants, paranoïaques et hypocondriaques, à la veille de sa deuxième tranche d'analyse avec Ruth Mack Brunswick (R. M. Brunswick, 1936). Harold Blum, dans son article de 1974, « L'enfance borderline de l'Homme aux loups », suivant cette conception progressive de Freud, changea complètement la donne. La névrose infantile de S. Pankejeff n'en est pas une: il aurait souffert, « non pas d'une névrose infantile, mais