You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« C'est d'un homme comme lui, d'une sorte de double que peut lui revenir l'écho d'une souffrance qu'il n'éprouve pas pour avoir tué en lui toute capacité à souffrir, donc à aimer. »
La cure des états limite ne nous intéresse pas seulement parce qu'elle est le « pain quotidien » de notre pratique. Cette question nous touche d'abord parce que la notion même d'état limite est indissociable de celle de la cure, du soin, et, qu'à ce titre, elle engage en profondeur notre conception de notre travail d'analystes, de psychiatres d'orientation analytique.
La clinique des états limite est intimement liée à l'histoire de la psychanalyse, à la fois parce que sa conceptualisation a d'abord été le fait d'analystes, parmi les plus créatifs, contribuant ainsi au développement de la théorie, mais aussi parce que la psychopathologie limite s'est, pour une large part, manifestée dans le cadre de cures analytiques.
Ainsi, la cure des états limite a-t-elle obligé à en renouveler entièrement la théorie de la pratique, et singulièrement celle du rôle de l'analyste, alors que parallèlement les interrogations génétiques qu'elle suscitait mettaient en exergue les carences de la fonction maternelle. Le lien était alors volontiers fait entre les défaillances du premier développement et ce que la cure pouvait tenter de restaurer.
Cette tendance, ou tentation, va de pair avec la focalisation sur la relation: à la mère jadis, à l'analyste aujourd'hui.
Elle présente le risque de donner trop d'importance à la réalité de l'objet, d'induire une dépendance à son égard. La conscience de ce risque amène à souligner l'importance de la référence tierce, censée le prévenir.
Mais une autre sensibilité travaille les analystes qui réfléchissent sur ces conjonctures cliniques. Héritiers de Ferenczi, quand il dénonce l'« hypocrisie professionnelle », ils lèvent le voile sur ce qui constitue le plus intime de leur engagement auprès des patients, sur ce qui fait qu'on n'exerce pas ce métier