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En marge des débats sur la solidité conceptuelle du cadre clinique des « états limite », le dégagement de la notion d'états limites de l'enfance s'est précisée, en France, à partir du regroupement plus large des dysharmonies évolutives, telles que Roger Misès (1999) les avaient définies. Dans cette perspective, l'organisation limite de la personnalité se situait en possible aboutissement évolutif de certains tableaux dysharmoniques de l'enfance; l'état limite comme point de fuite pourrait-on dire.
Au sein de ce groupe clinique, les dysharmonies cognitives constituent un cas particulier: les difficultés d'organisation et de mise en place des outils de la pensée qui les caractérisent y comptent pour beaucoup dans la fixation ultérieure des zones de fragilité du narcissisme secondaire propre aux états limite. L'originalité est, ici, que le trouble cognitif s'enracine lui-même aux achoppements du narcissisme primaire; prenant sa source aux failles du socle de la vie psychique. Cependant, les mécanismes par lesquels les vicissitudes de la relation à l'objet primaire peuvent distordre la mise en place des outils de la pensée restent mal compris.
C'est aux prises avec ce questionnement qu'un entretien avec la petite Fatoumata, dont il va être question ici, m'a remis en mémoire la complexité du montage proposé par Freud autour de la négation. Les difficultés de cette enfant à appréhender les nuances et les variations offertes par la négation illustrent la place centrale que Freud lui accorde dans l'articulation du cognitif au psychique. D'autre part, les aspects traumatiques de l'histoire de l'enfant permettent de saisir assez exactement ce que, par leur imbrication, le développement cognitif et l'organisation du narcissisme secondaire doivent à la qualité du lien à l'objet primaire.
Fatoumata a sept ans. Elle vit depuis plus d'un an déjà avec son frère Konté, âgé de neuf ans, dans la famille Y. où ils se trouvent en