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« Manque à être névrose ou psychose », écrivait joliment Augustin Jeanneau1 à propos des états limites. Il s'agit d'une clinique dans laquelle les manifestations de souffrance ne sont pas contenues dans des entités symptomatiques massivement identifiables mais sont erratiques, combinant de façon souvent chaotique des agis comportementaux, des affects non liés, des répétitions compulsives, inélaborables, des désorganisations somatiques.
Il nous semble aujourd'hui que nous pouvons aller plus loin qu'une définition par exclusion et définir les états limites par des qualités spécifiques du fonctionnement psychique.
La pensée et le discours, dits associatifs, du patient sont en échec: le langage verbal est dans l'incapacité de vectoriser, sinon seul, du moins de façon privilégiée, les productions psychiques, leurs mouvements intratopiques et leur articulation avec les affects2.
Du côté de l'analyste, l'associativité est également entravée et celui-ci se trouve dans l'impossibilité relative ou absolue de laisser « flotter l'écoute », qu'il soit collé au factuel ou décroché et absent.
Les agis mettent le cadre en crise ou en question: pour le patient, ce qui n'est pas symbolisé dans le langage conserve les modalités premières