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« Le blond Éros lève son arc et lance les deux flèches du désir. L'une donne la félicité dans la vie; l'autre est porteuse de confusion chez les hommes. »
Les références aux passions humaines ont une longue histoire qui remonte au temps des philosophes présocratiques. Leur trajectoire traverse l'Antiquité avec en tête de file Platon, Aristote et les stoïciens; elle se poursuit au Moyen Âge et habite l'époque moderne dans un contexte qui en fait un point prévalent pour comprendre l'expérience humaine et la vérité subjective3.
Rattachées à l'amour et à l'émotivité, sous forme directe ou déguisée, les passions sont considérées comme des mouvements qui troublent l'âme humaine4 et font vaciller son unité, modifiant le fonctionnement psychique tout aussi bien que le sentiment de soi-même. Elles agissent à la fois sur le psychique et sur le corps. D'où le terme grec de pathos (pathos) se référant à ce qui est subi (pathima) psychiquement et corporellement5, mais également à ce qui met en mouvement l'érotisme, ou la haine, intense de l'attachement à l'objet de l'amour et, au-delà, aux idéologies, aux convictions politiques ou religieuses, aux efforts scientifiques, aux idées concernant les rapports entre les choses.