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À Sybil Stoller, avec mon amitié.
Je commencerai mon réexamen du cas de Belle, au centre du livre de Robert Stoller, L'Excitation sexuelle: dynamique de la vie érotique, publié en 1979, en présentant trois épisodes de son étude.
Il y a tout d'abord l'apparition des cuisses. Sur le divan, pendant les séances, Belle avait l'habitude de tripoter le bas de sa jupe de façon à ce qu'elle monte et descende sur ses cuisses. Il arrivait parfois que sa jupe remonte assez haut pour que l'on puisse voir ce qu'elle appelait son derrière. Stoller dit ceci: « […] Je prenais peu à peu conscience de l'apparition d'abord d'un genou puis de quelques centimètres de cuisse tandis qu'elle bavardait » (p. 131 [p. 168]). Belle venait parfois à ses séances d'analyse sans porter de culotte.
Ensuite, le « rêve diurne érotique », parfois appelé le « fantasme du metteur en scène »: « Un homme brutal de type nazi, le Metteur en scène, dirige les opérations: Belle se fait violer par un étalon, dont l'excitation a été portée à son comble par la présence d'une jument tenue à distance, au-delà de l'endroit où se trouve Belle. Dans un cercle à la périphérie se tiennent des hommes que l'on aperçoit vaguement; sans expression, ils se masturbent, ne prêtant attention ni à leur voisin, ni au Metteur en scène, ni à Belle. Elle est là pour le plaisir de ces hommes, y compris le Metteur en scène qui, bien qu'il ait une érection, ne la touche pas; la fonction de Belle est d'être amenée à une excitation et un plaisir insupportables, se ridiculisant ainsi devant ces hommes. Elle a été contrainte à ce spectacle obscène et humiliant parce qu'il provoque une érection chez ces hommes par ailleurs insensibles; ils sont là, dans une indifférence phallique et brutale. Mais cela n'est que la mise en scène, le préliminaire. Ce qui décuple son excitation et l'amène presque immédiatement à l'orgasme quand elle se masturbe n'est pas cette scène à elle seule qui, si elle survenait dans la réalité, susciterait l'horreur et non