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« Langues et courants sexuels » titre le quatrième Annuel de l'APF . Fidèle à l'esprit des précédents numéros, l'intitulé nous annonce que plusieurs notions auront à se croiser et à tisser entre elles d'éventuelles analogies. La notion principale, quoique la plus silencieuse et la plus métaphorique, est celle de courant. Elle nous est familière, dans le vocabulaire commun de la psychanalyse française, grâce à la dualité des courants tendre et sensuel dans le destin de la « psychosexualité ». Cette dualité, loin d'être l'a priori fixé en postulat de base dans la pensée freudienne, se prête, à l'examen, à une déclinaison d'aspects et à une complexité dynamique, de telle façon qu'ultimement la séparation des deux courants demeure seulement une vue de l'esprit - soit un modèle utile par sa complexité. « Aux sources de la tendresse » de Monique Schneider nous offre une propédeutique tout à fait nécessaire à ce sujet. Si la notion de courants sexuels nous est familière, celle de « langues » - « langues sexuelles »? - ne nous l'est pas, tout au moins d'une façon qui se laisse facilement concevoir. Il convient d'avoir à l'esprit, d'emblée, que la pluralité caractérise les langues aussi bien que le « sexuel ». Il n'est de langue qu'au regard d'autres langues. C'est un fait premier et irréductible: entrer dans une langue, c'est se différencier d'autres langues et perdre des possibilités au sein de tous les possibles de l'infans. Ainsi en est-il sans doute pour le « sexuel », mais par analogie et d'une manière plus complexe, l'anal retraduit, en les enrichissant tout comme en les appauvrissant, les possibilités de l'oral; le tendre, fruit du refoulement mais aussi sa source, ouvre à une pluralité de pratiques du sensuel - allant du plus préjudiciable et destructeur au plus prometteur et créatif dans l'amour et la haine… L'oral, l'anal, le tendre, le sensuel… ont bien quelque chose à voir avec les langues, au-delà même de la métaphore, en ce sens précis où ils seraient soumis a