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Publié en 1922, ce texte fut écrit rapidement par Freud en juillet 1921, pour être lu aux membres du Comité, lors de la randonnée prévue pour le mois de septembre en Allemagne. Il vaut la peine de rappeler que cette balade amicale, qui les amena au mont Brocken (mont associé aux sorcières et à un spectre lumineux), fut la première et la dernière puisque, dès l'année suivante, éclatèrent les dissensions qui devaient conduire à la disparition du Comité. À considérer la place que « Jalousie, paranoïa et homosexualité » allait tenir dans la tempête déclenchée par le cancer de Freud et la décompensation de Rank, ce texte prend, rétrospectivement, une étrange valeur prémonitoire. On peut, sans doute, attribuer à sa présentation en petit comité, dans l'intimité d'un séminaire, son style particulièrement familier et direct, presque ludique, mais aussi abruptement audacieux. Selon Jones, Freud lui avait annoncé qu'à travers le cas d'un patient américain qu'il lui avait adressé, il avait l'impression d'avoir découvert du nouveau sur la paranoïa, qu'il l'avait pénétrée jusqu'au roc ; et l'on songe à ce qu'il avait écrit à Ferenczi en 1910 : « J'ai réussi là oú le paranoïaque échoue. »
L'intitulé met modestement en avant des « mécanismes névrotiques », mais on perçoit aussitôt qu'un lien implicite et profond articule les trois termes qui y figurent et que des enjeux métapsychologiques cruciaux s'y trouvent impliqués.
I/ La jalousie, au même titre que le deuil, appartient aux états d'affects normaux, et son absence correspond à un refoulement intense qui la rend d'autant plus agissante dans la vie d'âme. Freud en distingue, dans la pratique analytique, trois formes « stratifiées » :
— la jalousie normale ou concurrentielle est faite de deuil, de douleur à la perte supposée, d'atteinte narcissique, de colère contre le rival avec, souvent,
une pointe d'autoaccusation. Sa normalité n'empêche pas qu'elle échappe à la maîtrise du moi, ce qui montre qu'elle s'enracine profondément dans