You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Relisant « De quelques mécanismes… », j'ai tout d'abord été frappé par le lien constant établi tout au long du texte entre projection et identification - ce qui n'est sans doute pas étranger à la position chronologique de l'article, entre « Psychologie des masses et analyse du moi » et « Le moi et le ça ». Jamais auparavant, sauf peut-être dans certains passages du « Léonard », Freud n'a couplé ces deux mécanismes de manière aussi constante : identification du premier patient, un jaloux pourtant « normal », à sa femme pénétrée par un autre ; identification du deuxième cas, un jaloux paranoïaque, aux mouvements inconscients de séduction de sa femme envers d'autres hommes ; identification enfin - non explicitée comme telle dans le texte, mais soulignée en particulier par R. Roussillon (Roussillon, 2004) - du dernier patient, homosexuel, à sa mère préférant le frère aîné. Une première question surgit alors, celle des rapports entre projection et identification, qui connaîtra une riche postérité dans la littérature kleinienne, en particulier à travers la notion d'identification projective.
Un souvenir m'est alors revenu à l'esprit à ce sujet. Réfléchissant, lors de la préparation de mon rapport au Congrès des psychanalystes de langue française (Press, 2008), à la construction d'une position passive, un rapprochement s'était imposé à moi : il existe, par-delà les différences de référents métapsychologiques, une grande proximité entre les situations cliniques dont les auteurs kleiniens rendent compte en termes d'identification projective et celles que les auteurs de l'École psychosomatique de Paris théorisent comme résultant d'une difficulté régressive majeure avec impossibilité d'assumer une position passive. En particulier, l'une comme l'autre se caractérisent par le recours à des modalités de maîtrise radicales et mutilantes que les auteurs théorisent en fonction de leurs conceptions de base : contrôle omnipotent , distorsion du moi (Fain, 1995), analité primaire (Green