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En plaçant en exergue de l'édition 2010 du colloque de Deauville1 un article défini de Freud2, les organisateurs ont proposé une isolation. Celle-ci est favorable à un travail minutieux d'exégèse. Elle invite à une lecture attentive du texte choisi. Mais elle appelle aussi une recontextualisation dudit article au sein de l'œuvre de Freud.
La lecture et l'étude d'un texte de Freud, quel qu'il soit, ne peuvent se dispenser de la prise en compte de l'ensemble de son œuvre, dans son intégralité. Cette lecture est soumise, dans un premier temps, aux mêmes conséquences de la règle fondamentale que l'attention de l'analyste en séance. Elle doit accorder une égale valeur à tous les textes, les considérer comme une suite associative relevant d'un procès précis, celui de théorisation, soumis lui-même à une surdétermination reconnaissable seulement dans un second temps, donc après coup. Si la règle dite fondamentale ne s'applique pas officiellement à la lecture, sa raison d'être n'en est pas moins, faire advenir à la conscience, le facteur déterminant principal du processus théorisant. Idéalement, cette lecture doit être exempte de jugement de valeur et de condamnation. Elle suspend toute exclusion, tout choix, toute préférence et tout bannissement. Elle privilégie le jugement d'existence et le jugement de sens qui cherchent ensemble à déduire de la série des textes écrits les éléments inconscients qui y sont engagés par négativité et représentés par substitution. Ce jugement de sens basé sur une interprétation permet au lecteur analyste d'induire également les raisons d'être de l'ordonnancement des textes de Freud. C'est ce que lui-même reconnaît en 19233 : « Si la psychanalyse n'a pas jusqu'ici pris en compte certaines choses, cela n'advint jamais parce qu'elle avait omis de voir leur action ou qu'elle voulait dénier leur significativité, mais parce qu'elle poursuit un chemin déterminé, qui n'avait pas encore mené aussi loin. »