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« Ce regard qui nous cerne et qui fait d'abord de nous des êtres regardés. »
À la suite de ce colloque, notre attention s'est portée sur une réflexion concernant l'identification primaire impliquant toute une interrogation sur la constitution du corps érogène, constitution qui ne peut s'établir que dans la présence de l'objet. Cette question nous contraint à revenir sur la façon dont S. Freud postule la dérivation psychique de l'excitation somatique endogène, autrement dit sa transformation en libido à l'origine du processus représen- tationnel constitué du représentant d'affect et du représentant représentation à même de produire la satisfaction. « Le groupe de représentations sexuelles présent dans la psyché se trouve doté d'énergie, et il apparaît cet état psychique de tension libidinale qui implique la poussée visant à la suppression de cette tension. »2 Ce mouvement nécessite l'existence d'une compréhension mutuelle qui « correspond au mouvement de dérivation psychique qui s'accomplit déjà chez le bébé, sous l'excitation de la faim »3.
Dans l'expérience alimentaire, le bébé trouve une satisfaction vitale liée à l'apaisement du besoin et un plaisir d'organe qui concourt à l'investissement de la zone bucco-labiale comme source de plaisir. Ce plaisir d'organe se développe en marge de la satisfaction du besoin et sa reconnaissance est directement liée à l'intrication précoce entre principe de plaisir et principe de réalité. De cette intrication conflictuelle va dépendre le développement du plaisir. Lié étroitement à l'ajustement maternel, le plaisir d'organe dépendant des