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« L'observation permet de reconnaître que ceux qui sont atteints de névroses narcissiques n'ont aucune capacité de transfert ou n'en possèdent que des restes insuffisants. »
Nombreux sont sans doute les psychanalystes qui contesteraient, près de cent ans après sa formulation, cette affirmation de Freud. Les expériences d'un siècle n'ont-elles pas montré qu'il y a moyen d'aborder psychanalytiquement le patient psychotique, en traitement individuel ou en groupe, en particulier ou en institution ? Freud lui-même n'a-t-il pas ouvert la voie à une telle approche, en suggérant des aménagements psychothérapiques à la psychanalyse classique pour rendre accessible l'esprit de sa méthode à ces « névroses narcissiques » que lui-même a assez peu fréquentées en cabinet ? Et les changements intervenus entre-temps dans le traitement psychiatrique des patients schizophrènes, en particulier la découverte de médicaments relativement efficaces sur les manifestations symptomatiques les plus saillantes des psychoses, ne devraient-ils pas permettre de faciliter leur approche et nuancer cette affirmation si décevante pour qui entend « guérir avec Freud » ?
Il n'en est rien. Freud parle de transfert, pas de relation. Nous avons beaucoup appris sur les façons d'entrer en relation avec les patients psychotiques, et nul doute que les médicaments nous y ont également aidés, tout comme la transformation de l'asile à partir des années 1950, à laquelle d'ailleurs les psychanalystes ont pris leur part. Mais si nous avons appris à entrer dans une relation efficace avec eux - efficace du point de vue des objectifs qu'elle se donne, à savoir thérapeutiques - la question du transfert reste encore ouverte, entre les aventures d'un transfert psychotique au sens délirant du terme et les hypothèses d'une régression symbiotique (Searles, 1976) qui se perd dans des régions et des temps du psychisme oú la notion même d'objet en tant que formation intrapsychique est à interroger.
Toutef