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Bien qu'il n'y ait plus de « voie royale » qui mène à l'interprétation psy-chanalytique, les rêves occupent une place de choix, sinon nécessairement privilégiée dans diverses pensées et pratiques psychanalytiques du XXIe siècle. Je suis très heureux de réexaminer la question des rêves depuis le Congrès de I'API qui s'est tenu à Londres, en 1975 (Blum, 1976).
Les théories des fonctions du rêve ont été controversées ; il peut être utile de différencier les fonctions générales des applications dans le travail clinique. En ce qui concerne leur fonction générale, les rêves se révèlent habituellement être la satisfaction hallucinatoire d'un désir infantile inconscient (Freud, 1900). À mon avis, les rêves n'ont pas une fonction protectrice confirmée de soupape de sécurité ou, par là même, de gardien du sommeil. En fait, les rêves ne pourraient protéger en fait que le sommeil paradoxal, à peu près 25 % du sommeil de l'adulte.
Les rêves ont une fonction de communication (Ferenczi, 1913 ; Kanzer, 1955 ; Bergmann, 1966), aussi bien dans des contextes généraux que dans des cadres cliniques. On peut voir le rêve comme une communication privée, peut-être oubliée de façon ambivalente. Il y a en analyse une motivation spécifique à raconter le rêve à l'analyste, l'analysant sachant que l'analyste considère les rêves comme une source importante d'insight analytique. La fonction de communication des rêves en psychanalyse est influencée par l'attitude particulière de l'analyste à leur égard et par son intérêt pour ceux-ci - une dimension interpersonnelle du processus analytique. Du fait qu'il y a reviviscence régressive1 le patient qui rapporte un rêve est comme un enfant qui en raconte un à son père ou sa mère.
On peut voir la verbalisation du rêve comme une extension de l'élaboration secondaire de celui-ci. Les contenus sensoriels, surtout visuels, et affectifs des rêves sont inévitablement modifiés par leur verbalisation ; de telle façon que l'on ne peut reproduire exactement l'expérie