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Les premières investigations sur l'inconscient étaient centrées sur la mémoire et ses vicissitudes. Ensuite, l'intérêt s'est élargi vers des transformations des fantasmes (phantasmes) inconscients au sein de la relation ana- lysant-analyste, qui se manifestent dans le processus analytique. Celui-ci se compose de cycles de changements dynamiques, économiques et structurels qui se produisent chez l'analysant et prennent un sens dans la relation trans- férentielle. J'évoquerai ici les processus inconscients observables seulement dans la relation analytique.
Des manifestations isolées de l'inconscient peuvent être observées dans la pathologie de la vie quotidienne, auxquelles d'autres disciplines peuvent éventuellement s'intéresser. Il appartient sans doute en propre à la psychanalyse d'étudier les fantasmes inconscients, la façon dont le sujet déforme ses expériences infantiles, évaluées dans la relation d'un sujet à son objet au sein de la relation analytique et d'en tirer des conclusions. L'objet de la relation analytique est d'établir, tant pour l'analysant que pour l'analyste, non seulement un contexte de contenance, mais aussi un contexte de sens qui permettraient de construire des hypothèses sur les phénomènes inconscients. La règle de l'abstinence et l'établissement du cadre visent à limiter ce qu'il peut y avoir d'arbitraire chez l'analyste et constituent le contexte de la contenance.
L'introduction de la notion d'« élaboration » (Freud, 1914) a représenté un événement essentiel dans la reconnaissance de l'analyse comme succession de transformations. La conception dynamique se réfère ainsi à l'opposition de forces, mais aussi aux transformations des fantasmes inconscients qui émergent dans la relation d'un sujet à un objet, et des symboles avec lesquels ceux-ci se construisent. La notion d'« élaboration » a mis en évidence que chaque