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« La non-violence est la plus grande force que l'humanité ait à sa disposition », affirmait celui que l'on considère désormais comme son fondateur et son représentant majeur, Mohandas Karamchand Gandhi. Il ajoutait qu'elle « est plus puissante que l'arme la plus destructrice inventée par l'homme »1 La non-violence doit être comprise, dans son premier sens, comme un ensemble de principes éthiques, une conception religieuse du monde et une pensée politique. Gandhi la nomme alors ahimsa. De cette philosophie de vie découle, deuxième sens de la non-violence, une méthode d'action politique, le satyagraha, qui s'entend comme l'application pratique de la philosophie non violente. Il convient de saluer l'effort, bien que tardif, entrepris par les universitaires européens depuis une vingtaine d'années, visant à élucider le contenu de la non-violence gandhienne et à en décrire les modalités d'application politique. Il faut cependant préciser qu'une question fondamentale demeure trop peu abordée : celle des raisons ayant poussé Gandhi au choix de la non-violence. Dans un monde et à une époque oú les moyens violents étaient (et sont toujours) couramment admis, pour peu qu'ils servent une cause juste, il n'est pas anodin d'entendre Gandhi clamer sans cesse que « la fin vaut ce que valent les moyens »2 et que des moyens violents pervertissent immanquablement la fin poursuivie.