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S'interrogeant sur la crise actuelle de la psychanalyse, Anne Millet, docteur en psychanalyse, psychologue clinicienne, psychanalyste et psychothérapeute, centre sa réflexion sur une analyse approfondie et documentée de trois moments de l'histoire de la psychanalyse. Trois moments révélateurs, selon elle, d'un même différend entre psychanalystes sur la conception de la cure, et d'une même incapacité de l'institution psychanalytique à soutenir ce différend, que celle-ci aurait préféré, à chaque fois, trancher non sans une certaine violence par le rejet (« l'excommunication ») des tenants de la conception jugée « hérétique ». C'est à dessein que la métaphore religieuse est ici utilisée. L'auteure ne cache pas en effet son parti dans la polémique : les « contestataires » de l'orthodoxie (Ferenczi et Rank dans les années 1920 et 1930 s'adressant à Freud ; Granoff dans les années 1950 à Lacan ; Roustang et Viderman dans les années 1970 vis-à-vis respectivement de Lacan et de la SPP) tentent, selon elle, de proposer des ouvertures salutaires face aux impasses rencontrées dans les cures « classiques ». Or, ils se heurtent à chaque fois à une réaction brutale et dogmatique de disqualification de leurs positions, en contradiction complète avec la liberté d'esprit qui est attendue de psychanalystes. Car A. Millet « ne jette pas le bébé avec l'eau du bain » : si elle stigmatise sans équivoque l'étroitesse de vue du parti de « l'orthodoxie » dans ces trois moments de débat sur la pratique de la cure, c'est pour souligner a contrario la richesse des apports théoriques de Freud, Lacan et de leurs