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Dominique Guyomard poursuit dans ce livre sa réflexion sur une pulsion- nalité qui serait spécifique au maternel, elle se penche plus particulièrement, ici, sur le passage du lien à la relation dans l'entre mère et fille.
Cette recherche d'une spécificité pulsionnelle au maternel, D. Guyomard l'a ébauchée antérieurement dans « La folie maternelle : un paradoxe ? »2, article paru dans l'ouvrage collectif consacré à La Folie maternelle ordinaire sous la direction de J. André.
Le fil de l'ouvrage se tisse entre d'un côté le péril de l'identique entre mère et fille et la recherche d'une altérité difficile à conquérir du fait de cette « mêmeté » et de l'autre une nécessaire transmission de ce féminin en tant que processus psychique civilisateur.
Ce livre me paraît personnel et foisonnant d'axes de discussion. Il renvoie à la part d'inconnu et d'énigmatique du féminin. L'ouvrage est cependant difficile d'accès, non pas tant du fait des références lacaniennes pour qui n'en est pas familier, références qui sont constamment explicitées, mais par rapport à l'hypothèse de l'auteur. D. Guyomard déplie, en effet, pas à pas, l'idée d'« une spécificité pulsionnelle » au maternel… comme registre particulier d'une transmission du féminin et d'un lien narcissisant mère-enfant. Cette modalité narcissique qu'elle nomme « lien », « pour la différencier de toute relation d'objet », implique dans sa construction « l'obligation d'un narcissisme an-objectal », créé par le lien mère-enfant, « enveloppant la mère et l'enfant dans ce tissu, le maternel ». Le maternel serait dans son hypothèse « le registre du lien, du narcissisme de ce lien- narcissisant qui enveloppe la rencontre mère-enfant en la rendant possible ».
Ce temps an-objectal qui protège la rencontre mère-enfant comporte dans cette construction son corollaire, un registre du maternel qui n'est pas sexuel.