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Le numéro 59 de la Revista de Psicoanálisis, de l'Association Psychana-lytique de Madrid, rend compte du XVIIIe Symposium de l'Association (novembre 2009) dont le titre était « La mélancolie ». Deux longs rapports et quatre ateliers, avec deux articles hors thème, structurent ce numéro.
Le rapport de Milagros Oregui (« Le triomphe de l'échec : écouter le pré-sent d'un passé qui empêche le changement », p. 11-52) s'articule autour du récit d'une cure. Dans un style mi-baroque, mi-poétique, M. Oregui commence par se poser quelques questions : la mélancolie est-elle seulement une douleur ou, au plus profond, aussi un plaisir ? Pourquoi attribue-t-on de façon universelle l'adjectif « mélancolique » à l'image de douloureuse nostalgie ? L'auteur oppose le pouvoir de l'image dans la mélancolie, une image qui nous complète, oú nous trouvons l'amour inconditionnel perdu, au pouvoir des mots : « Les mots, pour atteindre leur vraie signification, pour eux-mêmes et pour le sujet, auront à traverser le désert des pertes. (…) Une nouvelle perte, qui se traduit en représentation, reste implicite dans la reconnaissance verbale de ce qu'a perdu le moi. Le deuil se fait quand le moi se représente en lui l'objet perdu. »
Le sujet se trouve placé dans la mélancolie au-delà du principe de plaisir, mais cet « héroïque détachement du monde » va de pair avec la fixation au moi idéal archaïque oú il n'y a pas de place pour la différence sujet-objet, ni pour la différence des sexes ou des générations. En fait, le rétablissement de la grandeur omnipotente se fait à partir de l'autodestruction du moi, qui cherche de façon répétitive l'évacuation de toute excitation. Le grand paradoxe, c'est le renoncement au moi par amour de l'idéal.