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Les six chapitres de ce numéro 64, intitulés successivement « Perspectives sur la créativité », « Jeu et représentation », « Recherche clinique », « Théorie », « Technique » et « Traumatismes », proposent des textes qui mériteraient tous d'être cités, voire traduits in extenso.
C'est à la rubrique « Théorie » (chapitre IV) que nous choisissons de donner une importance particulière, car le fait est suffisamment rare pour être signalé : la psychanalyse française figure en bonne place à travers la pensée et les écrits de Didier Anzieu et Piera Aulagnier, auxquels l'auteur Moshe Halevi Spero se réfère largement. Une abondante bibliographie étaye cette contribution très étoffée dont l'intérêt se soutient du début jusqu'à la fin. Le titre, certes, est alléchant, The joke envelope, qui évoque immédiatement le concept des enveloppes psychiques de D. Anzieu et sa notion de moi-peau. Mais il est malaisé de traduire ce titre qui fait évidemment écho au « Mot d'esprit et sa relation à l'inconscient » de Freud, qui se dit en anglais Jokes and their relation to the unconscious.
Mais, écrit notre auteur, si E. Bick, D. Anzieu et F. Tustin ont toujours pris grand soin de se référer aux textes de Freud faisant allusion à une couverture psychique, une barrière protectrice ou une enveloppe, ils ont négligé un élément important, le terme allemand Einkleidung, die witzige Einkleidung, que l'anglais traduit par joke envelope. Et ce concept a été complètement ignoré par les auteurs psychanalystes. (Nous conserverons le choix anglais de traduction, bien que l'on puisse discuter longuement de la valeur différente qu'expriment le Witz allemand, le joke anglais, le « mot d'esprit » français, la « plaisanterie », joke renvoyant au latin jocus, signifiant blague, badinage. Witz ressemblerait d'ailleurs plus au wit anglais : a flash of wit se traduit par « un trait d'esprit ».)
C'est par un heureux hasard, dit-il, alors qu'il se débattait avec un matériel clinique particulier, que M. H. Spero a pen