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Changements dans la société, changements dans la psychanalyse : l’interaction est telle qu’il paraît intéressant de réinterroger l’évolution des pratiques psychanalytiques à la lumière des évolutions sociales.
La psychanalyse s’intéresse au social. Elle a donné de nouvelles clés de compréhension concernant la dimension psychique du lien social ou de ses grandes formes culturelles. Elle est en retour invitée à commenter les évolutions de société dans les problèmes éthiques soulevés par les nouvelles technologies, biologiques, informatiques et les nouveaux faits de société. La psychanalyse a gardé son influence en tant qu’outil de compréhension du comportement de l’homme social. Elle n’en subit pas moins l’influence de la société. Elle est aussi mise en question en tant qu’activité sociale.
On peut penser dans les problématiques rencontrées à l’impact des évolutions sociales sur le rôle et le poids du surmoi et de l’idéal du moi : les nouvelles procréations médicalement assistées, les nouvelles formes de parentalité n’amènent-elles pas à revisiter les conceptions sociales des rôles parentaux, avec de nouveaux questionnements dans les cures ? On peut aussi comparer les évolutions de la psychopathologie à celles de la société. Par exemple, la pratique psychanalytique confrontée, comme la société, à la dilution des repères éducatifs dans l’illimité des possibilités techniques interroge les certitudes théoriques à propos d’une possible disparition de la phase de latence (F. Guignard). Les changements dans les repères sociaux semblent référer davantage les valeurs, les idéaux de société à un moi idéal tyrannique plutôt qu’à un surmoi structurant pour l’individu. L’excitation peine à s’organiser en pulsion, faute de structuration du sujet