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Le for intérieur se définit en français comme tribunal intime de la conscience et s'emploie généralement dans les locutions telles que en son for intérieur, en mon for intérieur, désignant ainsi l'intime conviction d'une personne en regard d'une assertion publiquement soutenue.
L'étymologie la plus classique du mot « for » est celle du latin forum, c'est-à-dire : marché, place publique, tribunal, et, par extension : « affaires » en général.
Ainsi, l'idée d'un espace extérieur et public, surtout celle d'un tribunal, est-elle devenue, au fil des temps, la métaphore d'un espace intérieur. L'expression française de for intérieur vise directement cette part despotique de la personnalité qui en est devenue partie prenante, en raison même de la tyrannie qu'elle subissait autrefois. Cet autrefois est d'abord celui de l'enfance sous la férule des parents ou de leurs substituts, mais aussi celle des réquisits culturels propres à un temps ou une civilisation.
Freud, opérant par synthèses successives, la dernière en date, celle de 19381, convoque la plus vaste opposition qu'il ait conçue : celle du monde intérieur et du monde extérieur. Cette opposition s'incarne dans les instances de la personnalité sous les traits du surmoi et traduit l'inclusion du monde extérieur dans le monde intérieur. Cette conscience sans appel condense les éléments phylogénétiques, culturels et sociaux, dont hérite celui qui doit, pour renaître à lui-même, s'emparer de ce qu'il a déjà, c'est-à-dire de sa propre succession ancestrale.