You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« La norme est porteuse […] d'une prétention de pouvoir. La norme, ce n'est pas simplement, ce n'est même pas un principe d'intelligibilité ; c'est un élément à partir duquel un certain exercice du pouvoir se trouve fondé et légitimé. Concept polémique - dit M. Canguilhem. Peut-être pourrait-on dire politique. En tous cas, […] la norme porte avec soi à la fois un principe de qualification et un principe de correction. La norme n'a pas pour fonction d'exclure, de rejeter. Elle est au contraire toujours liée à une technique positive d'intervention et de transformation, à une sorte de projet normatif. »1
Michel Foucault a montré, à plusieurs reprises, qu'à partir du XVIIIe siècle, la crise éthique de la modernité, l'effacement des grands récits religieux, des grands messages de la transcendance, convoquent la médecine et les sciences du vivant pour définir de nouvelles normes de vie conformes au contrôle social des populations. La santé devient l'objet d'une véritable attention politique, incitant à la surveillance et à la rationalisation des corps comme du temps des populations. L'État invite alors la médecine et les médecins à participer à de nouvelles technologies de pouvoir qui visent au gouvernement des conduites individuelles et collectives.