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À Mei Ling Lin, psychologue, et Suzanne Nou, interprète. Nos échanges ont nourri ce travail : « La barque passe, le quai demeure. »1
L'impact des événements historiques tragiques des xxe et xxie siècles a engagé la psychanalyse dans de nouvelles directions. Entre autres : un séminaire de la SPP traite de l'analyse des traces des génocides dans la cure, un colloque sur l'analyse de leurs conséquences a eu lieu à Cerisy en 1993. Des textes ont permis d'approfondir la réflexion sur la résistance de l'humain et le travail de la culture (Zaltzman), la terreur et le terrorisme (groupe de travail de l'IPA, ), les différences culturelles et le contre-transfert. Les données de l'anthropologie, de l'histoire et de l'art ont pris leur part dans ce champ multidisciplinaire. L'engagement dans l'action humanitaire (en temps de guerre et avec des personnes victimes de torture), les aménagements de la technique psychanalytique ont mobilisé les psychanalystes de nombreux pays. Voilà que s'est imposée la nécessité d'« intégrer dans le corpus analytique les conséquences pour chacun, dans son for intérieur, dans et hors sa pratique, ces conséquences d'un événement majeur collectif et individuel, postérieur à la métapsychologie freudienne […] : celui de l'écroulemen. advenu de la civili-sation occidentale dans sa fonction de rempart de l'individu contre le règne du meurtre » (Zaltzman, 1999).
Dans la pratique, les approches d'investigation et de traitement de groupe, basées sur la psychanalyse, se sont développées avec des réfugiés, des migrants,