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Je ne saurai que trop vous recommander ce livre qui s'adresse à tous ceux qui s'affrontent, jour après jour, aux difficultés quotidiennes de l'exercice psychothérapique et analytique. C'est un ouvrage dense, riche, écrit dans un style alerte, abordant un très large éventail de questions qui surgissent au fil de la lecture : il y a bien évidemment les têtes de chapitre qui orientent un tant soit peu la lecture, mais le plus étonnant tient aux surprises, aux échappées de lecture que ce texte ne manque pas de susciter. Sur un mode associatif. Il n'est pas aisé d'en rendre compte tellement la lecture en est personnelle, tellement la pensée de l'auteur produit ses effets différemment chez chaque lecteur.
Jean-Claude Rolland tente, séance après séance, d'y écrire son aventure au plus près de la « rencontre » avec le patient, animé par un véritable souci : comment le patient, dont il traduit la présence par des mots, tente de trouver sa place en « lui » ? Il sait, de par son analyse personnelle, qu'il ne sera jamais ce que le patient voudrait qu'il soit, il sait qu'il ne sera jamais ce que le patient attend de lui ; il saura nous montrer que la parole née dans la séance est le moyen par excellence pour trouver un dégagement à cette entreprise qui soit autre que la formulation d'un sens. C'est en effet à un traitement particulier de cette parole et de la langue que l'auteur s'attache : il porte délibérément « non pas sur les significations, mais sur une opération linguistique (une répétition) infiltrant, comme un corps étranger, la narration, provenant des niveaux les plus profonds de la langue, là où ses éléments jouxtent ceux de l'image et s'y