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Otto Kernberg (White Plains, États-Unis), dans « Quelques observations sur le processus de deuil » (p. 601-619), livre un article très émouvant. Ayant perdu son épouse, la bien connue Paulina Kernberg, elle-même analyste de renom, l'auteur s'interroge sur la psychopathologie du deuil et réfute quelques points généralement tenus pour définitivement acquis en la matière. Il part de son expérience personnelle (dont il se méfie en tant que pouvant infléchir son raisonnement), mais aussi de cas cliniques et d'interviews de personnes ayant eu à subir, quelques années auparavant, le deuil d'un conjoint tendrement aimé. Le premier point qui lui apparaît est que le processus de deuil n'est pas une étape destinée à s'effacer. Au contraire, il entraîne souvent un remodelage structurel de la personnalité. Un double remodelage s'effectue sous son influence : celui du moi (le sujet endeuillé s'identifie à l'objet perdu) et celui du surmoi (il modifie ses valeurs en fonction de celles de l'objet perdu). La littérature s'est bien plus souvent intéressée aux effets de la perte de parents ou d'enfants qu'à celle d'un conjoint aimé, alors qu'il s'agit là d'une épreuve qui peut déboucher sur un remaniement profond et digne d'être étudié. Les effets de ces deuils ne sont donc pas temporaires mais il ne faut pas les confondre pour autant avec les deuils pathologiques, notamment avec ceux qui sont caractérisés par une dépression traînante qui peut elle-même être liée à une agressivité et à une ambivalence non résolues envers l'objet et retournées contre soi. Les nouvelles considérations de O. Kernberg sur le deuil l'amènent à s'interroger, par exemple, sur un cas ancien où il confondit persistance du dialogue intérieur de l'endeuillé avec son objet d'amour et insuffisance