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Avec son numéro 200, la belle revue Le Coq Héron célèbre les 40 ans d'une existence tout entière consacrée à la transmission de la psychanalyse, nous offrant non seulement une interrogation radicalement nouvelle de cette problématique, mais encore de précieux documents consistant en extraits de textes difficilement accessibles ayant marqué la pensée psychanalytique et son histoire, illustrés par une remarquable galerie de portraits croqués de nos futurs « ancêtres ».
Loin de reprendre cette question consubstantielle à la science freudienne qu'est la transmission de et par la psychanalyse, à la résolution de laquelle cette revue a déjà consacré bon nombre de numéros, ce qu'elle interroge cette fois c'est spécifiquement la transmission en psychanalyse, s'appuyant sur les textes en partie remaniés du colloque organisé par le Quatrième groupe en avril 2008 à Toulouse, intitulé La singularité d'une transmission, et complétés encore d'autres contributions.
Ce mot de singularité n'est en effet pas trop fort pour désigner la « rencontre d'intimité psychique » au cours de laquelle opère cette « transmission [à la fois] intra- et interpsychique au cœur du travail psychanalytique », ainsi que l'indique Mireille Fognini dans sa remarquable élaboration éditoriale : « Questions de transmission » (p. 7-8). C'est pourquoi l'expérience singulière qu'en rapportent les auteurs échappe à tout « condensé exhaustif, exactement comme une vie, une personnalité, une œuvre ne peuvent être contenues vives en un résumé synthétique » ajoute-t-elle (p. 9).
C'est que, de plus, il s'agit ici d'une rencontre polyphonique1, au cours de laquelle chaque acteur de la scène analytique suit au plus près la partition unique