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La langue commune se réfère à une fibre maternelle. Certaines mères sont censées l'avoir, d'autres non, certaines plus que d'autres. Cette expression renvoie à un soi-disant instinct maternel, mais introduit une incertitude1. Elle évoque un matériau support d'ondes transmises par réfractions multiples, ou un filament constitutif d'une substance. Dans notre cas, se dessine un véritable alliage composé de tendresse, d'amour inconditionnel, de sensibilité à fleur de peau, et de disponibilité sans limite. La fibre maternelle désigne une disposition à ressentir certains sentiments, une capacité à s'identifier hystériquement au vécu traumatique des nouveau-nés et à y répondre. Ces qualités s'unissent dans une attitude particulière, souvent qualifiée de folie maternelle ordinaire. Les perturbations de ladite fibre éveillent l'inquiétude, voire l'horreur. La folie maternelle est un carrefour où s'articulent la fibre maternelle, la dépression post-partum, la psychose puerpérale et l'infanticide.
La fibre maternelle est le pendant de l'effroi traumatique vécu par le bébé. Elle est la réponse à la potentialité traumatique primitive, à cet effroi premier du cri, et au peu de moyens autonomes dont dispose le bébé pour la traiter, donc au désarroi et à la détresse qui s'ensuit. En réponse à cet état traumatique primitif la mère propose une activité psychique régressive, libérée d'une partie des valeurs culturelles liées à son refoulement secondaire, et centrée sur le noyau masochique. Les mères acceptent bien souvent de leur bébé ce qu'elles refusent habituellement dans leur vie de femme adulte, même au plus fort de leur vie amoureuse et érotique. La fibre maternelle est définie par cette