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Les mères sont adorées, haïes, respectées, rejetées, saintes ou martyres ; elles sont bafouées ou idéalisées. Les mères sont le lieu du drame, de la passion. Quel lien y a-t-il avec le maternel ? Quelles sont les traces qui se sont inscrites et que les mères ont laissées ?
L'espace discret dans lequel se trouve l'analyste ne cesse d'entendre les procès furieux dressés contre les mères ou au contraire les passions inentamées qui résistent à toutes les épreuves de la vie. Ce sont les cris de rage ou les torrents de pleurs. Pourquoi m'a-t-elle porté(e), ou au contraire, pourquoi m'a-t-elle abandonné(e) ? C'est la nostalgie d'un passé imaginaire ou trop longtemps attendu. C'est le deuil impossible quand la mort est venue réaliser une séparation qui n'avait jamais été entamée. La mère est celle qui a tout donné, qui a trahi, qui a trompé, qui a étouffé.
À l'origine des origines, comment appeler ce qui n'a pas de nom ? Est-ce déjà la mère, ces traces qui n'ont pas encore de représentation ? C'est cela que nous appelons le maternel et qui viendra habiter le corps de la mère. Comment peut se définir ce qui serait spécifique du maternel ?
Le père c'est Dieu, dit Freud, « Dieu est un père exalté », et certes c'est Dieu : le Dieu vengeur, le Dieu tout-puissant, le Dieu punisseur, le Dieu qui fait régner la justice, qui promet les récompenses, qui ordonne le sacrifice, qui permet la souffrance, qui sauve les bons et punit les méchants, celui qu'on supplie, qu'on prie, auquel on apporte des offrandes, celui pour lequel on livre des combats.
Mais qui est ce Dieu silencieux dont parlent certains, cette présence qui est absence, ou plutôt : ce silence, ce mystère, cet inconnu, cette présence qui comble, cet Autre ? D'où vient ce sentiment qui va nourrir les représentations