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Dès les premières lignes de son rapport écrit1, Christine Anzieu-Premmereur remarque que le maternel désigne à la fois ce que reçoit le nourrisson et un ensemble d'actions spécifiques qui constituent la fonction maternelle accomplie par l'adulte. Un même mot, le maternel, rassemble ces deux aspects, passif et actif ; un même mot donc, réunit les deux membres de la dyade ainsi formée ; ainsi le langage reproduit ce fantasme décrit par Didier Anzieu d'une peau commune qui enveloppe la mère et l'enfant et assure une communication immédiate, sans intermédiaire, un échange d'excitations et de significations. La question essentielle sera autant la constitution de ce fantasme de peau commune qui succède au fantasme intra-utérin d'inclusion réciproque, que la différenciation de l'enveloppe maternelle de celle de l'enfant permettant la séparation. La situation analytique instaure le paradoxe de la continuité en même temps que l'alternance de la présence et de l'absence. La permanence de l'objet et du cadre est le gage de la continuité que manifeste notamment le paiement des séances manquées. En même temps, l'alternance des séances permet l'expression pulsionnelle de l'amour et de la haine, comme le représente le jeu du Fort/Da qui inclut en outre la dimension langagière.
Dans les aspects multiples du maternel, Christine Anzieu-Premmereur a choisi d'explorer les fondements maternels de la vie psychique, dont l'axe principal est pour elle celui du narcissisme responsable des dimensions violentes et passionnelles de l'investissement maternel. Mais elle ajoute aussitôt que le maternel est d'emblée sexuel, imprégné de l'Œdipe maternel, des désirs