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Le premier point que l'on doit signaler est la distinction entre « origine » et « originaire ».
Ici, je m'arrête surtout sur Y origine, bien que l'on sache que Y originaire, comme l'a défini P. Aulagnier (1975), est un fonctionnement psychique qui précède la distinction entre processus primaire et processus secondaire.
Déjà chez Freud, l'exigence de trouver l'origine de notre vie psychique était bien présente et, en même temps, celle de repérer un fonctionnement qui était au-delà du processus primaire ; quelque chose qui était le fondement de la vie psychique humaine.
Auparavant, il pensait l'avoir repéré dans les traces, transmises phylo- génétiquement, des expériences préhistoriques . Ces traces étaient une sorte de « noyau de l'inconscient ». Ensuite, il formula le concept d'« identification avec le père de la préhistoire personnelle », identification qui est directe et immédiate et plus précoce que tout investissement d'objet et qui est située dans le temps mythique, ou bien, hors du temps. Elle est une sorte d'identification « ontologique » (Mijolla, 2002, p. 780), le fondement identitaire de chaque homme et, par conséquent, cela déplace dans cette direction le fondement du processus de l'hominisation. À vrai dire, comme Freud ajoute dans une note (1923) : « Peut-être serait-il plus prudent de dire : avec les parents, car père et mère, avant la connaissance sûre de la différence des sexes, du manque de pénis, ne se voient attribuer une valeur distincte. »
Après Freud, M. Klein a formulé la notion de « phantasme inconscient » qui s'approche de la motion pulsionnelle. La « fonction a », théorisée par Bion, doit être considérée comme une condition aux sources de l'expérience, une sorte de « avant la pensée ».