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Le propos de Patrick Merot dans la foulée de son rapport a le mérite d'effectuer un véritable travail de levain dans cette matière si obscure et compacte « du maternel » ; et sa discussion par Paul Denis fait cela aussi de façon appréciable. Car force est de constater que cette question du maternel ne cesse, d'un bout à l'autre de l'œuvre freudienne, de condenser un maximum de difficulté.
Il est frappant de voir comment Freud peut faire là-dessus, d'un texte à l'autre, quelque chose comme de grands écarts ! D'un côté, il amorce dans son « Entwurf » (1895) cette remarquable intuition du rôle clé, à l'aube de la vie psychique, de l'action du Nebenmensch - comme Patrick Merot l'a bien rappelé - ainsi que la fameuse note de 19111 sur le fait qu'on ne puisse envisager l'économie d'un bébé sans y inclure les soins maternels. On se trouve d'autant plus décontenancé de voir dans quels termes Freud en vient ensuite à parler du narcissisme premier2. Il va jusqu'à créditer le bébé humain d'une espèce de suffisance autoérotique : son charme, dit-il, « repose en bonne partie sur son narcissisme, le fait qu'il se suffit à lui-même (sic !), son inaccessibilité ». Tels certains animaux « qui semblent ne pas se soucier de nous, comme les chats et les grands animaux de proie ». Et d'ajouter : « Nous les envions pour l'état psychique bienheureux qu'ils maintiennent, pour une position libidinale inattaquable que nous avons nous-mêmes abandonnée par la suite. » On croit rêver : nous voilà conviés en fantasme à l'extrême opposé de l'Hilflosigskeit