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Si la fonction maternelle trouve sa forme paradigmatique dans la compétence psychique d'un objet-mère face à un être hilflösig-infans, elle se construit en se séparant d'un état primordial que le terme de maternel peut recouvrir : maternel dorénavant originaire autant qu'imaginaire. L'établissement de la fonction maternelle avec son aspect processuel et structurant de la vie psychique se paye de la disparition de l'accès direct au maternel. Paradis perdu que seuls les progrès de la vie de l'esprit acquis sur cette perte permettent de penser, la fonction maternelle en est l'héritage. Nous envisagerons cette fonction comme une capacité psychique interne constitutive de toute psyché et agissante tout au long de l'existence chez chacun. Nous considérerons son effet de différenciation des espaces psychiques et celui d'ouverture sur l'inconnu.
La fonction maternelle lie autant qu'elle disjoint. D'une part, elle a une action transformatrice et liante dans la vie psychique naissante. Elle assure une véritable cohésion des premiers événements psychiques, l'instinctuel devient pulsionnel, les premières traces s'organisent en représentations. D'autre part, par l'intromission des énigmes psychosexuelles de la mère et dans la violence d'une interprétation du monde, elle est effractante. Elle est sollicitée dès que se manifeste l'insistance d'une folie maternelle1 ou d'un maternel