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Vivre et penser le maternel comme un érotisme : serait-ce tout aussi scandaleux que de parler de sexualité infantile ? On peut le supposer, tant les crises sociales flattent un maternel censé satisfaire tous les besoins, tandis que certaines interprétations hâtives laissent entendre, à tort, que la psychanalyse actuelle attribuerait la sexualité à l'amante, ne confiant au maternel que l'insoutenable destin de la relation d'objet.
Je verrai la raison principale de cette difficulté à reconnaître la place du maternel qui nous interpelle aujourd'hui, d'abord dans la conception même de l'érotisme qui s'impose dès l'invention de l'inconscient, avant de prendre sa forme définitive avec le couple Éros/Thanatos, liaison/déliaison, et que Freud formule, dès 1911, comme une « révolution psychique de la matière » dans les « Deux principes du cours des événements psychiques »1. Avec J.-M. Hirt, je vois dans cette avancée freudienne une différenciation graduelle de la matière jusque-là psychisation2 et qui, contemporaine des travaux sur le narcissisme et la psychose, va trouver chez Lou Andreas-Salomé3 une modulation passionnelle.