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En écho, en résonance avec Julia Kristeva, je veux explorer la notion de reliance qu'elle propose à notre réflexion ; j'entends et conçois cette notion d'abord à partir de Lou Andreas-Salomé et de ce que celle-ci évoque comme « souveraineté absolue » de la matière ; la psychisation de cette matière, chez Lou, serait l'effet d'une différenciation graduelle, mais sûrement pas d'une séparation. Je souhaite aussi mettre en tension la reliance avec ce qu'un écrivain tel que Roland Barthes avance, lui qui aura vécu pour la littérature dans la proximité amoureuse de sa mère. Dans son Journal de deuil, ce recueil de fiches doublement posthume, rédigées après la mort de sa mère et publiées après la sienne, il écrit : « En quoi mam est présente dans tout ce que j'ai écrit : en ce qu'il y a partout une idée du Souverain Bien » (fiche du 31 mai 1978). Son idée d'un « Souverain Bien » est ainsi nouée au maternel et je cherche à en prendre la mesure ou plutôt la démesure.
À la mort de sa mère, Barthes se détache de ce qu'il appelle l'« imbécile vérité » d'un matérialisme barbare, et à partir de l'expérience « inexprimable », « indescriptible » mais « dicible », selon lui, de cette disparition - et je m'exprime aujourd'hui moi-même à partir de là, à partir de la foudre d'un tel événement -, il se pénètre de cette « souveraineté » de l'humain issu du maternel. Un maternel défini, au sens de Julia, comme « passion » et « vocation » d'une femme, mais un maternel allié à une matérialité retrouvée, grâce au « type féminin » assumé par cette femme-mère, dans la perspective de ce processus d'individuation décrit par Lou ; maternel et souveraineté ne se confondant ni avec le fait d'être une femme ni d'être une mère, mais plutôt avec la capacité d'accéder à une fécondité outre-mère : le fruit de celle-ci serait l'humain de l'homme, soit une seconde naissance, une naissance du