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L'interdit de l'inceste est au fondement du psychique et du social. Le maternel est au fondement du psychique du sujet à venir, un maternel dont l'énigme se dérobe radicalement à la connaissance de l'infans, en dépit de ses théories sexuelles et de leurs prolongements dans les théories psychanalytiques. Liliane Abensour, pour détourner cet impensé radical, à la suite de Freud, recourt aux mythologies, à des figures emblématiques de la culture, telles les imagos maternelles opposées de la Vierge et de Lilith : la Vierge, figure policée d'un maternel tendre, et Lilith, figure du démoniaque, expression d'un « maternel sauvage » : « Il y a du sauvage dans l'être-mère qu'il convient de dompter et de refouler. » Avec la figure de Lady Macbeth, elle met bien en valeur un pouvoir absolu de la mère, pouvoir de vie et de mort sur le corps et la psyché de l'infans, être néoténique en devenir, être de pulsions en détresse qui déchaîne une folle excitation dans la psyché maternelle, en actualisant des conflits entre amour et haine et pulsions de vie, pulsions de mort.
L'érotique maternelle, formulation scandaleuse mais pertinente d'Hélène Parat (1999, 2006) est d'emblée convoquée, corps et psyché, mais elle reste bien souvent couverte du voile pudique de la tendresse et des soins nourriciers, et la théorisation winnicottienne de la préoccupation maternelle primaire pourrait participer d'un certain refoulement théorique de sa virulence. Freud (, ) ne considérait-il pas la mère comme première séductrice et son nourrisson comme un objet sexuel complet, dans une séduction originaire partagée et nécessaire ? Liliane Abensour évite la tentation de s'abandonner au fantasme de retour au sein maternel développé par Ferenczi et Jones, dans sa dimension