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Le maternel, en tant que complexe des qualités psychiques tisseuses synchroniques et diachroniques, chez l'homme et chez la femme, émanant de son vécu avec le vécu de sa mère, s'exerce en synergie, en alliance avec le paternel, de la même façon que l'expérience sensorielle est en synergie avec le symbolique. La sémantique et le symbolique sont inséparables. La lettre « He », signe du féminin ajouté au nom d'homme Abram, qui devient Abraham/ père, et à celui de la femme Saraï, qui devient Sarah/mère, en signe de fécondité, en témoigne, selon Julia Kristeva2, et évoque cette première liance entre la femme et l'homme. Cette synergie leur permet une liance charnelle-matrice de l'être humain et un détachement, voire un dépassement, de l'incarnation dans la mère et le père réels, processus évoqués par Freud dans Moïse et que P. Merot nous rappelle. Par leur reliance, mère et père réels se transforment en qualités psychiques : maternel et paternel, deux composants du processus de l'humanisation. Ils participent à la fois à la constitution intrapsychique de l'infans et à son inscription à l'histoire phylogénétique de l'humain en tant que semblable. Le maternel, ombre en tant que substance obscure et immatérielle, qui fuit la représentation par son essence, joue entre l'obscur et la lumière, fait jouer l'obscur et la lumière, et génère des hommes : rêve d'une ombre, voilà l'homme. La nébuleuse des fantasmes originaires prend ici une place capitale.